L’association2018-07-19T15:00:09+00:00

Une association scientifique

Créée en 1991 par un groupe de chercheurs européens et africains en sciences sociales, l’Association pour l’anthropologie du changement social et du développement (APAD) est une association de droit français qui a pour but de promouvoir les échanges scientifiques autour des problématiques du changement social et du développement, en Afrique et ailleurs. Principale association savante sur cette question, l’APAD rassemble socio-anthropologues, sociologues, politistes, géographes, etc. Elle promeut des analyses qualitatives rigoureuses des pratiques et des représentations des acteurs impliqués dans les politiques et les projets de développement, et un dialogue avec les praticiens du développement. Forte de ses 400 membres, elle offre un espace d’échanges et de publications aux chercheurs et praticiens, du Nord et du Sud, tant anglophones que francophones.

25 ans d’une aventure intellectuelle et amicale
L’APAD a été fondée en mars 1991 à Paris, autour de quelques principes qui continuent à l’animer : une approche empirique du développement, loin des débats normatifs, avec le souci de décrire et d’analyser les pratiques et les représentations, au plus près des acteurs ; une volonté de promouvoir le « développement » comme objet de recherche légitime en anthropologie, et comme révélateur des processus contemporains de changement social dans un monde globalisé ; une ambition de dialogue, à la fois critique et constructif, avec les praticiens. Ajoutons un principe d’équilibre Nord/Sud et de promotion des jeunes chercheurs, et vous aurez les ingrédients d’une aventure qui se poursuit depuis 25 ans au travers du renouvellement des membres et des bureaux qui ont animé l’association, qui déborde largement les frontières de l’association, et qui a marqué les sciences sociales du développement, en particulier francophones.

La préhistoire (années 1980) : une approche empirique du développement, des dialogues chercheurs/praticiens
« Il y a du développement là où il y a des développeurs ». C’est dès 1982 que Jean-Pierre Chauveau formule, dans un article collectif (Aubertin, Cabanes, Chauveau et al., 1982 : 302), ce qui deviendra le postulat de base de l’APAD. Loin des débats théoriques infinis sur la définition du terme, comme des théories mécanistes du changement social, il s’agit d’observer de façon rigoureuse les pratiques des acteurs dans les interventions dites « de développement », et leurs effets.

Dans les années 1980, des chercheurs en sciences sociales de l’Orstom (devenu ensuite IRD) mettent une série de réflexions sur le développement. En parallèle, la rencontre, largement suscitée par Jean-Pierre Olivier de Sardan, entre des chercheurs en sciences sociales, des consultants sociologues, des praticiens du développement intéressés par la compréhension des dynamiques sociales suscite la mise en place de sessions de formation organisées à destination des assistants techniques de la coopération française et mobilisant des chercheurs. Elles déboucheront sur un ouvrage collectif « Paysans, experts et chercheurs en Afrique noire » (Boiral, Lanteri et Olivier de Sardan, 1985), qui marque une étape importante dans le processus de constitution d’un réseau transprofessionnel.

A peu près au même moment, des chercheurs allemands autour de Georg Elwert et de Thomas Bierschenk développent à partir d’études menées au Bénin une perspective proche (Bierschenk, 1988; Elwert et Bierschenk, 1988), considérant les projets de développement comme des « arènes », où se confrontent divers « groupes stratégiques ».

Les années fondatrices (1991-1995) : l’anthropologie du changement social et du développement comme ambition théorique
En 1990, Jean-Pierre Olivier de Sardan, arrivé quelques années plus tôt à l’EHESS à Marseille, réunit quelques collègues et amis français et allemands autour de l’idée d’une association scientifique consacrée au changement social et au développement. Pour eux, l’anthropologie doit s’intéresser aux processus contemporains de changement social, les interventions de développement font partie du quotidien des villages et des quartiers urbains en Afrique et doivent être analysés de la même façon que les autres dynamiques de changement. Par ailleurs, les emplois des jeunes anthropologues sont de moins en moins dans les universités, en particulier en Afrique. Promouvoir l’anthropologie du développement comme champ de recherche légitime est à la fois une ambition théorique contribuant au renouvellement de la discipline, et une opportunité de débouchés professionnels pouvant contribuer à faire évoluer les pratiques de l’aide (Olivier de Sardan, 1991). Faisant le lien avec les travaux en langue anglaise, et en particulier ceux de Norman Long (Université de Wageningen) autour de la notion d’interface (Long, 1989), Jean-Pierre Olivier de Sardan propose une socio-anthropologie politique du changement social et du développement, comme analyse des jeux d’acteurs dans les arènes locales, à l’interface entre « développeurs » et « développés ».

L’APAD est officiellement fondée à Paris en mars 1991, avec un bureau d’emblée international (Européens et Africains). J.P. Olivier de Sardan en est le président, J.P. Chauveau le secrétaire général. Le secrétariat est hébergé au Laboratoire d’Études Agraires de l’Orstom-Montpellier jusqu’en septembre 1992, puis à l’EHESS Marseille. Le premier bulletin, qui reprend les interventions au colloque fondateur, paraît en juin 1991. La préparation du premier colloque est lancée. Il se déroulera en octobre 1992 à Montpellier, sur le thème des organisations paysannes en Afrique. Le suivant, organisé à Bamako en 1994, portera sur l’expertise en sciences sociales. Les premiers ouvrages co-édités par l’APAD sont publiés : celui sur « Les associations paysannes en Afrique » édité par Jean-Pierre Jacob et Philippe Lavigne Delville, issu du colloque de 1992, puis le recueil d’articles d’Olivier de Sardan « Anthropologie et développement », devenu l’ouvrage de référence en français (et publié ensuite en anglais). Dynamique de réseau Europe/Afrique, colloques, bulletins, ouvrages : les piliers de l’APAD sont en place.

Du développement à la gouvernance des services collectifs : nouveaux thèmes, élargissement des réseaux et ouverture anglophone (1996-2007)
Des interfaces et des projets de développement, la réflexion de l’APAD s’élargit vite à de nouveaux objets : les intermédiaires locaux, la décentralisation administrative, alors en cours de préparation puis de mise en œuvre dans les pays africains. Ce seront les thèmes des colloques suivants, à Stuttgart en 1996 sur « Le développement négocié. Courtiers, savoirs, technologies », qui permet de restituer et mettre en débat les résultats du projet de recherche sur les courtiers locaux du développement; à Louvain la Neuve en 1997 puis Cotonou en 1998 sur la décentralisation. Avec le colloque de Stuttgart, en 1996, l’européanisation de l’APAD se renforce. L’anglais devient une langue de travail. Alors enseignant à l’Université d’Hohenheim, Thomas Bierschenk, qui avait été professeur invité à Marseille quelques années avant, est élu président, Nassirou Bako Arifari est secrétaire général, le secrétariat déménage à Stuttgart. Jusqu’ici photocopié en A4, le Bulletin de l’APAD est refondu : à partir du n°12 (1996), il prend un format de revue et est publié en Allemagne par LIT. Une collection d’ouvrages en anglais, hélas éphémère, est lancée, également chez LIT.

Sous la présidence d’Abdou Salam Fall (Université Cheick Anta Diop, Dakar) (1998-2002), le secrétariat général est assuré par Giorgio Blundo à l’EHESS Marseille. Giorgio Blundo est élu président en 2002, et le secrétariat général est assuré par Jacky Bouju à Marseille, puis par Mirjam de Bruijn au Centre d’études africaines de Leiden, aux Pays-Bas à partir de 2006. L’APAD devient alors véritablement bilingue, mais l’élargissement anglophone concerne plus l’Europe que l’Afrique. Le site internet est créé. Sten Hagberg (Université d’Uppsala – Suède) est élu président en 2007, lors du colloque de Louvain. Le secrétariat est partagé entre Leiden et Niamey (Niger) avec Mohamed Abdoulaye (Lasdel) comme secrétaire général. A partir de 2010, la gestion quotidienne est assurée à Uppsala à l’Université d’Uppsala (Suède). A partir de 2009 et du n°29-30, le Bulletin bénéficie d’une nouvelle maquette et d’une couverture avec photo. La parution régulière reprend à partir de ce numéro. Un fonctionnement en comité de lecture est mis en place à partir du n°30-31.

Au long de ces années, l’APAD explore de nouvelles thématiques. Des projets de recherche collectifs ouvrent les sujets de la corruption, des relations patients/personnel dans les centres de santé, etc. Les interactions rural/urbain, la gouvernance des services collectifs, les dynamiques entreprenariales, la santé, la violence, sont quelques-unes des thématiques travaillées dans les colloques et dans le Bulletin, et dans des ouvrages coordonnés par des membres de l’APAD.

Une socio-anthropologie de la globalisation et de l’action publique internationalisée (depuis 2007)
Très longtemps focalisée sur le local, l’APAD articule davantage local et global à partir du milieu des années 2000. Intitulé « Développement, libéralisme et modernité : trajectoire d’une anthropologie du développement », le colloque de Louvain (2007) marque une étape, à la fois de bilan et de renouveau, ancrant davantage la socio-anthropologie du développement dans les débats sur la globalisation, comme y invite Thomas Bierschenk (2009) dans sa conférence inaugurale.

Durand ces vingt années, le réseau de l’APAD a ainsi produit un corpus unique de connaissances empiriques sur les projets de développement, les services publics et collectifs. A partir d’une approche « par le bas », et d’un questionnement sur les rapports entre services publics et usagers, les recherches remontent vers le quotidien des administrations et la question de l’Etat. La politisation et les questions de pouvoir deviennent plus explicitement des thèmes de recherche.

Les engagements de l’anthropologie dans le développement et le changement social (Ouagadougou, 2010), les conditions d’enquête en contexte d’urgence et de développement (Montpellier, 2013), l’anthropologie des institutions d’aide, les conditions spécifiques de l’action publique dans les pays sous régime d’aide (Cotonou 2015) dessinent les contours d’une socio-anthropologie des politiques publiques en Afrique dans un contexte de globalisation marqué, entre autres, par l’intervention permanente d’institutions internationales.

A partir de septembre 2013, le secrétariat revient à Montpellier, sous la présidence de Philippe Lavigne Delville (IRD), Pascale Maizi-Moity (Supagro) étant secrétaire générale. Le Bulletin est définitivement transformé en une revue à comité de lecture, Anthropologie & développement. Le site internet est refondu, un paiement en ligne est mis en place pour les adhésions, simplifiant la collecte des cotisations. Avec le thème de l’action publique, le colloque du Cotonou promeut des analyses empiriques solides de la façon dont les politiques d’aide et les politiques de développement sont produites et négociées, en amont de leur mise en œuvre, et marque un décloisonnement des questionnements avec une ouverture vers la sociologie politique de l’action publique qui, dans des contextes de pays industrialisés, travaille finalement sur des questionnements proches.

Références
Aubertin C., Cabanes R., Chauveau J.-P., et al, 1982, « Où il est dit que le développement est un objet historique« , Revue Tiers Monde, vol 23 n° 90, pp. 297-305.
Bierschenk T., 1988, « Development Projects as Arenas of Negotiation for Strategic Groups. A Case Study from Benin », Sociologia Ruralis, vol 28 n° 2-3, pp. 146-160.
Boiral P., Lanteri J.-F. et Olivier de Sardan J.-P. ed., 1985, Paysans, experts et chercheurs en Afrique noire. Sciences sociales et développement rural, Paris, Karthala/Ciface.
Elwert G. et Bierschenk T., 1988, « Development Aid as An Intervention in Dynamics Systems« , Sociologia Ruralis, vol 28 n° 2/3, pp. 99.
Lewis D. et Mosse D., 2005, The Aid Effect: Giving and Governing in International Development, London, Pluto.
Lewis D. et Mosse D., 2006, Development Brokers and Translators. The Ethnography of Aid and Agencies, Bloomfield, Kumarian Press.
Long N., 1989, Encounters at the Interface. A Perspective in Social Discontinuities in Rural Development, Wageningen Agricultural University.
Mosse D., 2005, Cultivating Development. An Ethnography of Aid Policy and Practice, London Pluto Press.
Olivier de Sardan J.-P., 1991, « L’anthropologie du changement social et du développement comme ambition théorique ? », Bulletin de l’APAD, n° 1, pp. 7-11.

L’APAD publie la revue Anthropologie & développement, revue bilingue à comité de lecture, qui prend la suite du Bulletin de l’APAD. Anthropologie & développement souhaite favoriser l’accès à la publication pour les jeunes chercheurs et les chercheurs de pays du Sud. Elle a aussi vocation à valoriser le dialogue entre chercheurs en sciences sociales et praticiens du développement. L’APAD publie aussi des ouvrages issus de ses colloques ou proposés par ses membres, principalement aux Editions Karthala. L’APAD organise tous les deux ans un colloque international, alternativement en Europe et en Afrique. Rassemblant une centaine de participants, ces colloques sont une opportunité de rencontres et d’échanges scientifiques, autour de thèmes émergents. Ils donnent lieu à valorisation dans la Revue de l’APAD et dans des ouvrages.

L’APAD est dirigée par un Bureau international d’une quinzaine de membres, élus pour quatre ans lors de l’Assemblée générale qui se déroule en marge des colloques. Le bureau désigne en son sein un Secrétariat exécutif, hébergé par roulement par une institution académique. Le Bureau se réunit en conférence électronique tous les deux mois.

Le Secrétariat exécutif (Président, Vice-Président, Secrétaire général, Secrétaire général adjoint, Trésorier, Trésorier adjoint) assure la gestion de l’association au quotidien. Pour des questions d’efficacité, il réunit un noyau de gens géographiquement proches.

L’association vit essentiellement sur l’investissement bénévole de ses membres. Les cotisations, les provisions pour publication intégrés dans les budgets de colloques, permettent de faire face aux coûts de production et d’expédition de la Revue. Outre les financements des colloques, l’APAD bénéficie de soutiens ponctuels d’institutions comme l’IRD.

Le Bureau de l’APAD (2018-2020)

Photo Membre du bureau Responsabilités Contact Page perso
philippe_0254e187ce06af0cfee41cd6da6d8dc0 Philippe Lavigne Delville Président philippe.lavignedelville@ird.fr
bureau apad 2013_vice pst Ludovic Kibora Vice-président kludovic@yahoo.fr
bureau apad 2013-sectr Pascale Moity Maizi Secrétaire générale pascale.maizi@supagro.fr
bureau apad 2013_sectr adj Sylvie Ayimpam Secrétaire générale adjointe ayimpams@yahoo.fr
bureau apad 2013_treso Laurence Boutinot Trésorière laurence.boutinot@cirad.fr
Marie Deridder Trésorière adjointe marie.deridder@uclouvain.be
linkedin-bb-3 Barbara Bentz bentz_b@yahoo.fr
Elieth Eyebiyi eelieth@yahoo.fr
???????????????????????????????????? Sarah Fichtner fichtnersarah@gmail.com
Fresia_Marion 2013 Feric (2) Marion Fresia marion.fresia@unine.ch
eric Eric Hahonou komlavi@ruc.dk
keita Seydou Keita seydml@yahoo.fr
Jacinthe Mazzocchetti jacinthe.mazzocchetti@uclouvain.be
Anneke Newman anewman@ulb.ac.be
fatou Fatoumata Ouattara Revue de l’APAD fatou.ouattara@ird.fr
Alexis Roy Alexis.roy@cnrs.fr
oumy Oumy Thiongane o.moirouxthiongane@gmail.com