Association pour l’anthropologie du changement social et du développement
Association for the anthropology of social change and development

Affect, Emotion and the Political Imagination: Notes on the State in Sierra Leone and Zimbabwe

Affect, Emotion and the Political Imagination: Notes on the State in Sierra Leone and Zimbabwe

Auteur(s) : Verheul Susanne ; Enria Luisa ;

As scholars increasingly reject the evaluation of African states against Western liberal norms, opportunities have opened up to study the state for what it is in practice and how it is experienced within society. A number of approaches have emerged, including ethnographic explorations of state bureaucracies, and analyses of encounters with its bureaucrats, many of which blur the lines between formal and informal governance mechanisms and institutions. This paper, however, sets out a theoretical framework for emergent approaches to the African state that engage with powerful emotions and affective relations that states elicit. Building on existing work on how the state is produced through emotions and “embodied responses”(Laszczkowski and Reeves, 2015; Artexaga, 2003) we put forward an analysis of how emotions, affect and the imaginations of ordinary citizens and civil servants can help us understand the nature of the contemporary African state. We argue for the importance of looking at how power emerges from imagined relations, expectations and illusions and the ways in which values and norms emanate from subjective and intersubjective experiences with the state. We put flesh on the bones of this analytical framework through a comparison of Sierra Leone and Zimbabwe, two countries that have featured prominently in depictions of the African state as failed, corrupt or absent. In this comparison we show how a focus on affect and the political imagination can offer a different and analytically more helpful way to conceptualise encounters with the state and within state institutions, one that takes seriously the voices and aspirations of citizens and civil servants. In Zimbabwe, we focus on the period following President Robert Mugabe’s ‘resignation’ on 21 November 2017. We discuss former civil servants’ emotions of hope and disillusionment as they explore their avenues for re-engaging with, and re-inclusion within, the Zimbabwean state in this ‘new [post-crisis] era’. In Sierra Leone, we reflect on how everyday encounters with the state during the response to Ebola were shaped by specific historical memories; fears of military intervention; disillusionment with political leadership; and hopes for development after crisis.


Mot-clé : ''Emotion, Affect, material, political imagination, et State
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Affects d’anciens combattants sénégalais et États postcoloniaux

Affects d’anciens combattants sénégalais et États postcoloniaux

Auteur(s) : Mourre Martin ;

Il existe une littérature conséquente, en histoire, sur les tirailleurs dit sénégalais de l’armée française. Quelle que soit la période historique appréhendée, cette littérature évoque presque toujours, à juste titre, le peu de reconnaissance de l’état français à l’égard de ces hommes après l’indépendance. Est notamment mentionné, dans cette littérature, la loi de finance française de 1959 qui a généré une « cristalisation » des pensions de ces hommes – c’est-à-dire que ces pensions ont été gelés pendant plusieurs décennies pour ces soldats ouest-africains. Si depuis 2011 ces montants ont été alignés, reste un fort sentiment d’injustice dans beaucoup d’opinons publique ouest-africaines, notamment au Sénégal lieu de notre étude. En un sens, le traitement des anciens combattants coloniaux agit comme un paradigme pour étudier des mémoires collectives coloniales franco-ouest-africaines, mémoires portées par des acteurs, des groupes sociaux ou des institutions. Et parce que ces mémoires collectives sont avant tout des discours énoncés au présent, elles sont naturellement remplies d’affects.

Ainsi, d’un point de vue institutionnel, la gestion du traitement matériel de ces hommes a été prise en charge au moment des indépendances par les nouveaux états indépendants, avec la création d’Offices nationaux des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG). Au Sénégal, c’est un décret de juillet 1961 qui officialise cette entité et qui en fixe les principales règles de fonctionnement. Une des spécificités actuelles de cette institution est que les agents de l’état qui y exercent – un directeur, un comptable, des secrétaires – sont, en grande majorité, eux-mêmes des anciens militaires, qui partagent une même expérience historique que ceux dont ils ont la charge de gérer les demandes. À partir d’une approche historiques et d’observation participante, cette communication cherche à apporter quelques réflexions sur les affects d’un état postcolonial, l’état Sénégalais, à partir de différentes traces – hommes, textes, mais aussi bâtiments – issue de sa généalogie coloniale.

Il s’agira d’abord de retracer les diverses réformes administratives qui ont touché cette institution depuis sa création. Ce travail d’archives n’est pas sans lien avec une histoire des émotions. Les diverses protocoles franco-sénégalaises de gestion de l’Office indiquent à quel point l’état sénégalais doit être saisis dans une dimension relationnelle avec l’ancienne métropole. Dans une seconde partie, il s’agira de saisir, au niveau des hommes, agents et pensionnés, certaines interactions qui s’expriment dans cet espace qu’est l’ONACVG. Dans le bureau dakarois de l’ONACVG du Sénégal, à « la maison du combattant », on croise ainsi des anciens militaires de différentes générations, coloniaux et postcoloniaux. Au cours d’entretiens menés depuis plusieurs années à la maison du combattant, j’ai  pu relever l’expression de valeurs de dignité, d’honneur, des évocations d’humiliations, d’injustice, parfois l’espoir d’une amélioration de son traitement, etc. Ces expressions, parfois non verbales, se disent sur un certain mode quand elles sont avancées en présence d’autres anciens combattants partageant la même condition historique. Ces affects exprimés presque quotidiennement dans ce lieu peuvent aussi être réactivés par d’autres services de l’état, notamment au moment de commémorations, informant alors d’une manière empirique le lien entre état et nation.

 

 

 


Mot-clé : Affect, Ancien combattant, mémoire coloniale, et Sénégal
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