Kafala et régulation ordinaire du travail aux Émirats arabes unis : trajectoires de Maghrébines, entre contraintes et agentivité

12.30-13.30 (Brussels Time)

© Source : Alex Zarco, Pexels

À partir d’une enquête qualitative menée auprès de migrantes algériennes et marocaines aux Émirats arabes unis, cette communication propose d’analyser la manière dont le système de la kafala articule règles administratives, normes de respectabilité et hiérarchies linguistiques pour produire des mobilités différenciées et inégalement accessibles. Elle mobilise la notion de « neutralisation », entendue comme un ensemble d’ajustements pratiques et d’anticipations, ainsi qu’une lecture intersectionnelle des rapports de pouvoir, qui se fonde sur l’imbrication de la classe, du genre, de la nationalité, de la langue, du statut migratoire et des formes d’intermédiation.

L’analyse met en évidence trois types de stratégies déployées par les migrantes : économiques (transferts, épargne), interactionnelles et linguistiques (code-switching, travail de respectabilité), et statutaires ou biographiques (mariage, changement d’employeur, remigration « par étapes »).

Nassera Azizi est maîtresse de conférences en sociologie à l’Université de Lorraine. Ses travaux s’inscrivent en sociologie du travail et des migrations, avec une attention particulière portée aux rapports sociaux de genre et aux inégalités professionnelles dans les contextes migratoires.
Sa thèse de doctorat porte sur les femmes migrantes maghrébines dans les pays du Golfe, analysant leurs trajectoires professionnelles et migratoires à l’aune du système de la kafala. Elle y explore les tensions entre autonomie, contraintes juridiques et formes d’aliénation, en mettant en lumière les rapports de pouvoir, les normes de genre et les expériences subjectives des migrantes. Ses recherches interrogent plus largement les frontières du travail, les régimes migratoires et les formes contemporaines de domination dans l’emploi.

Vendredi 16/01/2026, 12.30-13.30 (Brussels Time)