Association pour l’anthropologie du changement social et du développement
Association for the anthropology of social change and development

Acteurs, modalités matérielles et technologies des circulations dans les Suds

Actors, Materialities and Technologies of Circulations in the Global South

Auteur(s) : Eyebiyi Elieth ; Berriane Johara ;

Résumé en Français

Ce panel envisage d’abord de questionner de manière transdisciplinaire les modalités matérielles et les technologies par lesquelles s’opèrent les mobilités dans les Suds, comment elles influencent le développement. Le panel interroge ensuite les différents objets, techniques et moyens qui accompagnent et participent aux mobilités des personnes et des biens. Une grande attention sera accordée aux propositions traitant des liens entre circulation, biométrie et développement ; et aux transferts nord-sud et sud-sud des technologies, en somme aux savoir-faire circulatoires, matérialités et informalités.

English summary

This panel firstly intends to question in a transdisciplinary manner the material modalities and the technologies by which mobilities operate in the Global South and how they influence development. The panel then examines the different objects, techniques and means that accompany and participate in the people and goods mobility. A particular attention will be given to proposals dealing with the links between circulations, biometrics and development; and to north-south and south-south transfers of technologies, in short to circulatory know-how, materialities and informalities.


Argumentaire en Français

Les études portant sur les migrations et plus récemment sur les mobilités, en sciences sociales et humaines, mettent de plus en plus l’accent sur la nécessité d’inscrire d’une part les migrations dans le contexte plus large des mobilités, voire des circulations (Bakewell et Landau 2018[1] ; Eyebiyi et Mendy 2019[2]), en particulier en ce qui concerne les déplacements dans les Suds. D’autre part, elles soulignent l’impérieuse nécessité de décoloniser les savoirs (Sabelo Ndlovu 2018)[3] en réexaminant non seulement les catégories produites et manipulées, les objets et les matérialités, mais surtout en donnant la parole aux acteurs, aux terrains, aux contextes, à l’histoire en train de se faire. Ainsi, analyser les migrations et les mobilités dans la perspective de comprendre leurs liens avec le développement, appelle à mieux prendre en compte la globalisation historique des phénomènes circulatoires mais aussi leur dimension contemporaine et les interconnexions qu’elles établissent entre plusieurs mondes, les nouvelles géographies qu’elles tracent au-delà des frontières physiques, coloniales ou intellectuelles existantes jusque-là.

En dépassant la focale historique et désuète Nord/Sud, tout comme une simple analyse de flux et de risques, en privilégiant des approches transdisciplinaires, ce panel vise à questionner les modalités matérielles et les technologies par lesquelles les mobilités s’opèrent dans les Suds et comment elles influencent le développement dans les pays des Suds ; et interroge dans un deuxième temps les différents objets, techniques et moyens qui accompagnent et participent aux mobilités des individus.

a) Circulations, biométrie et développement

Cet axe prêtera attention d’une part aux normes (bureaucratiques ou non) et politiques qui organisent et gouvernent les mobilités dans les pays des Suds, les acteurs et les expert(ise)s engagé (e ) s, les discours et régimes de justifications mobilisés. L’articulation avec le développement pourra être questionnée tant dans une perspective historique que contemporaine.

b) Savoir-faire circulatoires, matérialités et informalités

Cet axe reste sensible à l’analyse des savoir-faire, éléments matériels (outils, moyens, objets) et technologies mobilisés dans la mise en œuvre des projets de mobilités, de migrations et des activités notamment ‘’informelles’’ basées sur le transport, qu’ils soient migratoires ou non. Une attention particulière devra être prêtée non seulement à la description de ces objets et de leurs usages (cartes de réfugiés, bateaux, motos, carnets de vaccination,… ) mais aussi aux politiques de (non) transfert nord-sud et sud-sud qui les appuient ainsi qu’aux adaptations locales par exemple dans le cas des véhicules et moyens de transport officiels ou non des marchandises. Il s’agira de s’intéresser également aux transferts nord-sud et sud-sud des technologies et normes de contrôle des mobilités, notamment les technologies biométriques aux frontières.

Le panel encourage la candidature de jeunes chercheurs, africains ou non, travaillant dans les Suds notamment à partir de données empiriques mais aussi de sources historiques ou d’archives. Des films, reportages ou (web) documentaires illustratifs peuvent être soumis sous la forme d’un descriptif de 500 mots. Une publication est envisagée à la fin du colloque.

[1] Bakewell, O. & Landau, L (eds), 2018. Forging African Communities. Mobility, Integration and Belonging, London: Palgrave McMillan.

[2] Eyebiyi, P. E & A; Mendy (eds), 2019. Migrations, mobilités et développement en Afrique – Vol. 1. Mobilités, circulations et frontières, Montreal : Lasdel & Daraja Press.

[3] Ndlovu-Gatsheni, S J, 2018. Epistemic Freedom in Africa: Deprovincialization and Decolonization. London and New York: Routledge.


English argumentary

In the social and human sciences, researches on migration and, more recently, on mobility, are increasingly emphasizing the need to include migration in the broader context of mobility, and circulations (Bakewell and Landau 2018, Eyebiyi and Mendy 2019). This is particularly the case for movements in the South. At the same time, these recent studies underline the imperative need to decolonize knowledge (Sabelo Ndlovu 2018) by not only re-examining the categories produced and manipulated and the objects and materialities involved, but also and especially by giving voice to the actors, fields, contexts, and to the history in the making.

Thus, in order to better understand the links between migrations/mobilities and development, it is important to better take into account the historical paths of globalization and circulatory phenomena as well as their contemporary dimension and the interconnections that they establish between several worlds, the new geographies that they trace beyond the physical, colonial or intellectual boundaries existing until then.

By going beyond the historical and obsolete North / South divide, as well as a simple analysis of flows and risks, by favoring transdisciplinary approaches, this panel aims to question the material modalities and technologies that have been shaping mobility in the Global South. How do they influence development in the southern countries and what are the different objects, techniques and means that are involved in individuals’ mobility.

a) Circulation, biometrics and development

The panel will first pay attention to the bureaucratic, non-bureaucratic and political norms that organize and govern Southern countries’ mobilities as well as to the actors and experts involved and the discourses and regimes of justification adopted. The link of these modalities with development can be questioned from both a historical and a contemporary perspective.

b) Circulatory know-how, materialities and informalities

This line of reflection will focus on the analysis of the know-how, the material elements (tools, means, objects) and the technologies mobilized in the implementation of mobility and migrations projects and particularly the activities based on transport, whether they are related to migration or not. Particular attention should be given to the description of these objects (refugee cards, boats, motorcycles, vaccination cards, etc.) and their uses as well as to the north-south and south-south (non) transfer policies that support them and to the local adaptations taking place as it is for example the case of vehicles used for goods transportation. It will also focus on the North-South and South-South transfers of technologies and the standards for controlling mobility, including biometric technologies at borders.

Young researchers (African or not) who are working in and on the Global South on the basis of empirical data as well as historical sources or archives are particularly welcome. Films, webdocs or reports can also be proposed in the form of a 500 words abstract. Valuable papers might be published after the colloquium. Some grants will be available for African scholars. For more details on organisational conditions or scientific mainstream of the Colloquium please read the Call For Paper of the Colloquium to complete this panel outline.


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