Association pour l’anthropologie du changement social et du développement
Association for the anthropology of social change and development

La perception du made in China au Cameroun : entre enthousiasme béat des classes populaires et dénigrement d’une marque de fabrique

Auteur(s) : JIE JIE Patrick Romuald ;

Résumé

Bousculant les agendas internationaux du développement et redéfinissant les grands équilibres géopolitiques et économiques, la Chine n’a cessé depuis  quelques années d’élargir son champ d’action et de consolider sa présence en Afrique, traditionnel pré carré des puissances occidentales. Au niveau de la politique internationale, de manière générale la Chine plaide pour une refondation des organisations internationales comme les institutions de Brettons Woods (FMI, Banque mondiale) dans un sens qui reflète mieux l’émergence des nouvelles puissances et le caractère multipolaire du monde au XXIe siècle. L’émergence du marché africain pour la Chine est relativement récente, mais très rapide. On trouve en effet là une adéquation entre des produits de consommation simples et très bon marché : boubous, couvertures, objets en plastique ou en tôle émaillée, jouets, matériel de bureau, motocyclettes, produits électriques pour la maison, et un pouvoir d’achat des consommateurs africains qui exclut les productions occidentales ou japonaises souvent hors de prix. La Chine fabrique aujourd’hui plus de 12 % des produits manufacturés peu sophistiqués dans le monde, et ce, essentiellement pour le marché extérieur. Comme de nombreux pays africains, le Cameroun entretient avec la Chine, une coopération  basée sur le principe du « gagnant-gagnant » avec à la clé de nombreux domaines de coopérations comme l’économie, le social et même les grands projets de développements. Les marchés camerounais se trouvent inondés de biens de consommation made in China, souvent exportés clandestinement, et vendus à des prix tels que les productions locales ne peuvent pas rivaliser. Si dans la société camerounaise, la classe  populaire apprécie le made in China du fait de l’accessibilité des prix, il faut aussi relever que la contrefaçon de motocyclettes ou des marques de textile comme Uniwax fragilise la concurrence locale et inquiète ouvertement les autorités camerounaises. De plus, la toxicité des copies de médicaments, la fiabilité approximative de certains produits made in China poussent régulièrement les institutions internationales  (Banque mondiale et Union européenne), à critiquer la stratégie chinoise en Afrique. Les fabricants chinois sont ainsi perçus comme des fabricants de produits de faible qualité. Toutefois, doit-on objectivement jeter un discrédit sur les produits chinois quand on sait que la Chine est aujourd’hui l’atelier du monde dans bien des domaines ? En  prenant l’exemple du Cameroun, comment les produits chinois sont-ils perçus ? Sur la base de sources écrites, numériques et orales, il conviendra pour nous de démontrer qu’au-delà de leur accessibilité, les produits chinois, s’adaptent aux différentes bourses, d’où la polémique sur leur qualité.


Mot-clé : Cameroun, dénigrement., enthousiasme, made in China, et perception
Toutes les communications appartenant au même panel :

Voir le panel « Made in China » dans les ménages africains : valorisations sociales ambivalentes et pratiques de consommation innovantes / « Made in China » in African households: differing social valuations and innovative consumption practices

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