Association pour l’anthropologie du changement social et du développement
Association for the anthropology of social change and development

Aux limites de la mobilité Pour quelles circulations en Afrique les infrastructures de transport sont-elles modernisées ?

At the frontier of mobility For which African circulations are transport infrastructures modernized?

Auteur(s) : LOMBARD Jérôme ; MAREÏ Nora ;

Résumé en Français

.

English summary

This workshop aims to ask the following question: how populations, which are moving in Africa, tradesmen and actors of transport sector consider the movement of people and goods, while public policies promote investments in the modernization of major infrastructures? Papers will focus on the evolution of liberal policies underlying the development of transport infrastructure, the degree of autonomy of populations and tradesmen with regard to the routes imposed by major infrastructure, and changes observed in border areas and checkpoint zones. Questions of scale relevant to the understanding of circulations and mobility, the issues of public policies and the concordance/divergence between ter


Argumentaire en Français

Il y a une quinzaine d’années, les lieux de transport dans les Suds avaient été pris comme objet d’étude d’un numéro de la revue Autrepart (https://www.cairn.info/revue-autrepart-2004-4.htm) ; plus tard, en 2012, un numéro de la revue EchoGéo avait rapproché les systèmes de transport en Afrique de l’Ouest des mobilités des personnes (https://www.cairn.info/revue-autrepart-2004-4.htm). Ici, nous souhaitons revisiter les enseignements de ces précédents numéros autour de la problématique suivante : de quelle manière les populations qui circulent (voyageurs, étudiants, migrants, commerçants,…), mais aussi les acteurs du transport, à quelque distance que ce soit (du local au transnational), envisagent-ils en Afrique les déplacements de personnes et de biens, alors même que les politiques publiques soutiennent d’abord les investissements privilégiant la modernisation des grandes infrastructures ? Autrement dit, l’image d’une Afrique moderne et branchée sur les flux mondiaux, qui s’impose dans les agendas des États africains et des bailleurs de fonds internationaux, se déploie-t-elle également dans l’imaginaire des populations et des acteurs locaux ? La figure emblématique de la « métropole des infrastructures » fascine les esprits autant, sinon plus, qu’elle aide à résoudre les problèmes de déplacements quotidiens. Les effets pour les populations sont majeurs : survalorisation des grands axes d’échanges qui ont pour objectif de fluidifier la mobilité des personnes et de faire circuler plus vite les marchandises ; restructuration des itinéraires pour accéder aux services de transport (notamment en ville) ; croissance du numérique pour surmonter les difficultés de déplacement ; visibilité accrue des populations qui se déplacent. Mais plusieurs questions se posent :

  • De quelle manière les populations qui voyagent, les acteurs des filières marchandes, les opérateurs de transport s’approprient-ils ces grandes infrastructures de transport modernisées, que ce soit les corridors, les plates-formes aéroportuaires, les gares routières, les terminaux portuaires ?
  • Alors même qu’elles sont censées fluidifier les circulations, ces grandes infrastructures ne sont-elles pas au contraire source de nouvelles contraintes, de nouvelles inquiétudes, voire de nouveaux contrôles ?
  • Devenues le lieu de la consolidation des frontières (par l’érection de péages, de dispositifs de contrôles, de sas), les grandes infrastructures ne fragilisent-elles pas des portions de territoires enclavés, des groupes de populations reléguées, des filières de produits ?
  • Plus spécifiquement, de quelle manière les filières marchandes s’adaptent-elles à la modernisation des infrastructures de transport ? Que deviennent les filières discrètes (au sens de Armelle Choplin et Olivier Pliez) ou clandestines ?
  • La multiplication des possibles permise par les technologies de la communication facilite-t-elle l’appropriation des infrastructures et de leurs dispositifs de circulation ou bien accentue-t-elle les moyens de surveillance des déplacements et les inégalités ?

L’atelier acceptera des communications présentant l’évolution des politiques libérales sous-jacentes au développement des infrastructures de transport, la marge d’autonomie des populations et des marchands vis-à-vis des itinéraires imposés par les grandes infrastructures (notamment les personnes migrantes voyageant en Afrique et qui empruntent les infrastructures, mais aussi les acteurs du transport qui doivent composer avec l’injonction des politiques publiques à se professionnaliser), les changements observés dans les espaces frontaliers (zones de péages, postes de police ou douaniers), les pratiques de déplacement des populations dans les zones de check-points, l’évolution des filières marchandes dont les itinéraires évoluent selon les types de biens et les dispositifs de transport et de contrôle. Les questions d’échelles pertinentes pour appréhender les circulations et mobilités, les enjeux des politiques publiques et les concordances/divergences entre territoires des populations et territoires des projets seront débattues.

Bibliographie indicative

CHOPLIN A., PLIEZ O., « Des mondialisations plus discrètes. Vers une nouvelle géographie des échanges mondiaux », La vie des idées, 2016

http://www.laviedesidees.fr/Des-mondialisations-plus-discretes.html

JAGLIN S., DIDIER S., DUBRESSON A., « Métropolisations en Afrique subsaharienne : au menu ou à la carte ? », Métropoles, 2018

http://journals.openedition.org/metropoles/6065.

LOMBARD J., NINOT O. (coord.), « Des mobilités aux transports. Regards croisés en Afrique de l’Ouest », EchoGéo, 2012, 20.

LOMBARD J., STECK B. (coord.), « Transports aux Suds. Pouvoirs, lieux et liens », Autrepart, 2004/4 (n° 32).

MAREÏ N., DEBRIE J., LOMBARD J., « Sur la route des métropoles logistiques du Sud. L’exemple de Casablanca », Urbanités, 11, 2019

#11 / Sur la route des métropoles logistiques du Sud. L’exemple de Casablanca.

PRELORENZO C., ROUILLARD D. (éd.), La métropole des infrastructures, Paris, Picard, 2009.


English argumentary

15 years ago, transport places in the Global South were the subject of an issue of the French journal Autrepart (https://www.cairn.info/revue-autrepart-2004-4.htm); later, in 2012, an issue of the other French journal EchoGéo linked transport systems in West Africa and people’s mobility (https://journals.openedition.org/echogeo/13036). Here, we would like to revisit the lessons of these previous issues around the following question: how do travelers, students, migrants, traders, transport actors, at whatever distance (from local to transnational), move in Africa and organize the movements of goods, even though public policies support investments in the modernization of major infrastructures? In other words, is connected Africa, which is on the agendas of African States and international agencies, also being projected in the imaginations of local populations and actors? The emblematic figure of the “infrastructure metropolis” fascinates people’s minds more than it helps solve the problems of daily travel. The effects for populations are significant: a higher value is placed on the main trade routes which aim to simplify people’s mobility and faster goods movement; routes are restructured to provide access to transport services (particularly in cities); digital growth is used to help overcome the difficulties of travel; increased visibility of populations on the move. But several questions remain:

  • How travelers, actors of the commercial sectors, transport operators appropriate the major modernized transport infrastructures, like corridors, airport platforms, bus stations, port terminals?
  • Even if they are supposed to improve traffic flow, are major infrastructures a source of new constraints, new concerns and even new controls?
  • Becoming the place where borders are consolidated (with tolls, control systems, transfer airlocks), do major infrastructures weaken certain parts of territories, population groups, product chains?
  • More specifically, how do merchant sectors adapt to the modernization of transport infrastructures? What happens to discreet networks (in the sense of Armelle Choplin and Olivier Pliez) or informal ones?
  • Does the multiplication of opportunities made possible by communication technologies facilitate the appropriation of infrastructures and their circulation schemes or does it accentuate the ways of monitoring movements and disparities.

Papers will focus on the evolution of liberal policies underlying the development of transport infrastructure, the degree of autonomy of populations and tradesmen with regard to the routes imposed by major infrastructure, and changes observed in border areas and checkpoint zones. Questions of scale relevant to the understanding of circulations and mobility, the issues of public policies and the concordance/divergence between territories of populations and territories of projects will be discussed.

Short list of references

CHOPLIN A., PLIEZ O., « Des mondialisations plus discrètes. Vers une nouvelle géographie des échanges mondiaux », La vie des idées, 2016, http://www.laviedesidees.fr/Des-mondialisations-plus-discretes.html

JAGLIN S., DIDIER S., DUBRESSON A., « Métropolisations en Afrique subsaharienne : au menu ou à la carte ? », Métropoles, 2018, http://journals.openedition.org/metropoles/6065.

LOMBARD J., NINOT O. (coord.), « Des mobilités aux transports. Regards croisés en Afrique de l’Ouest », EchoGéo, 2012, 20, https://journals.openedition.org/echogeo/13036.

LOMBARD J., STECK B. (coord.), « Transports aux Suds. Pouvoirs, lieux et liens », Autrepart, 2004/4, n° 32, https://www.cairn.info/revue-autrepart-2004-4.htm

MAREÏ N., DEBRIE J., LOMBARD J., « Sur la route des métropoles logistiques du Sud. L’exemple de Casablanca », Urbanités, 11, 2019, http://www.revue-urbanites.fr/11-marei-debrie-lombard/#identifier_2_10798

PRELORENZO C., ROUILLARD D. (éd.), La métropole des infrastructures, Paris, Picard, 2009.


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