Association pour l’anthropologie du changement social et du développement
Association for the anthropology of social change and development

L’internationalisation des médias chinois en Afrique à la lumière du concept du sharp power: Une casuistique de l’entreprise StarTimes dans la télédistribution au Cameroun

L’internationalisation des médias chinois en Afrique à la lumière du concept du sharp power: Une casuistique de l’entreprise StarTimes dans la télédistribution au Cameroun

Auteur(s) : Eric Moreno Begoude Agoume ;

Depuis l’avènement de la politique du Going global (internationalisation) des entreprises chinoises impulsé par Jiang Zemin en 1995 suite à son mot d’ordre <<sortez! Devenez des acteurs mondiaux>>, la Chine ambitionne rattraper son retard dans l’optique de contrebalancer l’Occident. Aujourd’hui plus qu’hier, l’Empire du Milieu renonce à la philosophie du <<profil bas>> pour le <<rêve chinois>>. Cette nouvelle étiquette de la politique de puissance de la Chine s’opérationnalise tant sur le plan national qu’international avec la mise en oeuvre progressive du projet géopolitique axé sur les nouvelles routes de la soie. En raison de cela, la République populaire de Chine va injecter des capitaux aux confins de ses frontières, et ce, dans les secteurs aussi divers que variés (agricole, énergétique, minier, des transports, des médias etc.). Conscient de l’enjeu que représente la circulation de l’information et les contenus audiovisuels au XXIe siècle, la Chine y attache un interêt particulier dont le but est l’amélioration de son image sur l’échiquier international écornée par les médias du Nord. Forte de la concurrence qui prévaut en Afrique dans le domaine de la télédistribution, Xi Jinping, lors de la tenue du IIe sommet du FOCAC qui eut lieu à Johannesburg du 3 au 5 décembre 2015, plante le décor de la promotion d’une numérisation de la télévision en Afrique avec la mise en place d’un projet intitulé <<Accès à la télévision satellite pour 10000 villages africains>>. Ce projet attribué à l’entreprise privée chinoise StarTimes a pour cible 20 pays africains avec un cout global de 215,87 millions de dollars sur financement exclusif du gouvernement chinois. C’est dans ce cadre que cette multinationale chinoise débourse la somme de 6 milliards de FCFA pour doter 300 villages camerounais de la télévision par satellite. En réalité, cette projection médiatique de la Chine au travers de StarTimes ne rend plus efficacement compte d’un entendement sous le format du soft power mais du sharp power. En clair, c’est un <<pouvoir qui perce, pénètre et perfore l’environnement politique et informationnel des pays ciblés>>. De là, la Chine cherche à imprimer sa nation branding en Afrique et spécifiquement au Cameroun. En vue de réduire la fracture numérique qui sied entre zones urbaines et rurales, cette étude soulève la question de la compétitivité de StarTimes avec pour motif la télédistribution en Afrique et notamment au Cameroun. Pour cela, l’on se pose cette interrogation: Comment la puissance chinoise crédibilise son image internationale en Afrique et particulièrement au Cameroun à partir de la télédistribution? La réflexion s’attèle à partir d’un matériau collecté auprès des responsables de l’entreprise chinoise StarTimes, du Ministère de la Communication et surtout les villages récipiendaires. En convoquant l’analyse qualitative traduite ici par les entretiens semi-directifs sur les acteurs sus-évoqués, cette étude tente de montrer le jeu trouble de l’entreprise chinoise StarTimes forge le voile de la télédistribution de 300 villages camerounais au sujet d’une influence certaine et de la conquête silencieuse d’un éventuel marché médiatique.


Mot-clé : Afrique, Cameroun, médias chinois, sharp power, et StarTimes
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The affective regimes of Chinese media in Africa: Exploring new research paradigms for the understanding of China-Africa media interactions

The affective regimes of Chinese media in Africa: Exploring new research paradigms for the understanding of China-Africa media interactions

Auteur(s) : Jedlowski Alessandro ;

Existing studies on the expansion of Chinese media companies in Africa published in recent years focus mainly on the expansion in Africa of Chinese state media companies, through an approach that tends to read the activities of these companies as being the direct expression of the Chinese government’s hegemonic project in Africa, and therefore as the result of the soft power policies formulated by the Chinese Communist Party. However, to speak of a coherent and homogeneous “Chinese hegemonic project” is likely to be misleading: China’s international activities, in Africa as elsewhere, are the result of the combination of a multitude of actors who do not necessarily share the same project, and have sometimes diverging interests that can produce a hegemonic dynamic, but can also conflict with each other. On the basis of the preliminary results of an ongoing research project on the activities of the Chinese media company StarTimes in Nigeria, this paper proposes some reflections oriented towards the elaboration of an alternative theoretical and methodological approach to the study of Chinese media in Africa, able to take into account, simultaneously, the macro-political and macro-economic factors which condition the nature of China-Africa media interactions, the political intentions behind them (as, for example, the Chinese soft power policies and their translation into specific media contents), and the micro dimension of the “practices” and “uses” of the media made by the actors (producers and consumers of media) in the field. In particular, this paper introduces the concept of “affective regimes”, a tool that makes it possible to take into account the fluid and fragmentary dimension of the engagements between Chinese media and African publics, while equally emphasizing the power dynamics that underlie them, thus offering a theoretical framework able to go beyond the limits of soft power theory, as it has been applied to the study of China-Africa media interactions.


Mot-clé : affects, African audiences, Chinese media, Nigeria, et StarTimes
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