Association pour l’anthropologie du changement social et du développement
Association for the anthropology of social change and development

Why we do all this? Migration management strategic use: the case of Tunisia

Why we do all this? Migration management strategic use: the case of Tunisia

Auteur(s) : Vladimir Basilio Blaiotta ;

Cooperation for migration between EU and African countries has emerged as a key regulatory framework concerning international relations. The perceived intensity of migratory flows from Africa towards Europe – in addition to welfare state and labour market crisis and the war on terror – highlighted an increasing use of borders control measures by the EU States, aiming to contain and reduce irregular migration. At the same time, the EU has built an intense relationship with African governments with the aim of spreading and implementing specific models and tools concerning migratory flows management: militarization and digitalization of borders, citizenship-based selection of migrants, criminalization of irregulars, deportation. As a result of international migration agreements subscription African regulatory migration framework has been transformed following the EU approach. The EU borders externalization process has involved African governments to a different degree, achieving definite understandings depending on both security issues (e.g. fight against international terrorism) and whether the country being a source of migratory flows or a “transit” country. In this picture African governments are perceived as passive recipients of European governance, often described as empty political entities exclusively aiming to economic funds and aids obtainment, corroborating narration based on “predatory African regimes”. It is not surprising how in a western-oriented perspective African governments intents and negotiations are ignored or perceived as irrelevant. Stemming from the theoretical line describing African governments’ alignment to EU migration agenda as a strategy to capitalize interests external to the purpose of such agreements – international legitimacy and reliability acquirement, both national and regional economic and political achievements – this paper aims to understand the essence of these interests and how the transfer of EU migration agenda can be mean to achieve them. Focusing on Tunisia, this paper highlights Tunis strategic use of the international regulatory framework of migration, taking into account regional balances and political internal aims determining state agency.


Mot-clé : migration, Transfer Policy, et Tunisia
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Pratiques commerciales et logiques migratoires transfrontalières Afrique de l’Ouest : cas du commerce de la fripe entre Katamanto (Accra) et Adjamé (Abidjan).

Pratiques commerciales et logiques migratoires transfrontalières Afrique de l’Ouest : cas du commerce de la fripe entre Katamanto (Accra) et Adjamé (Abidjan).

Auteur(s) : Koffi Léopold KOUAKOU ;

 

De récentes données montrent que 61% des émigrés Ouest Africains circuleraient au sein de la sous-région (Beauchemin et Lessault, 2014). Cette migration sous régionale s’inscrit dans le cadre des accords de libre circulation conclus par la CEDEAO (Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest).

Le Ghana et la Côte d’Ivoire, deux pays frontaliers d’Afrique de l’Ouest ayant des histoires politiques et économiques différentes sont parvenus à polariser l’espace migratoire et commercial Ouest Africain. Eberhardt et Teal (2010). La présence des ports maritimes d’Accra et d’Abidjan auxquels s’ajoute un réseau routier Ivoiro-Ghanéen dense ont permis de développer des activités marchandes renforcées par une intensification des circulations migratoires entre ces deux pays.

La sous-préfecture de Noé, frontière Ivoiro-Ghanéenne est un important espace de transit de marchandises qui sert de voie de passage de marchandises entre ces deux pays et à destination des pays situés de part et d’autre de la Côte d’Ivoire et du Ghana. À l’échelle des frontières, des espaces se connectent et des dynamiques économiques, sociales et spatiales se mettent en place. (Bennafla K.,1999 ; Hamez G., 2004 ; Mohamadou, 2016).

Les marchés, lieux de stockage et de distributions dans les zones urbaines constituent des points de repères et de départ de réseaux marchands qui se déploient à des échelles transfrontalières et aussi transcontinentales avec des acteurs multisitués que sont les migrants. (Poyau A., 2008 ; Sangvatanachai D., 2012 ; Mahamet, Garnier, 2012 ; Weber, 2009).

Les formes organisationnelles des acteurs qu’ils soient importateurs, transporteurs, grossistes, semi-grossistes ou détaillants, les liens socio – communautaires entre eux, leurs capacités de circuler en dehors des frontières donnent une spécificité aux circulations commerciales dans la plupart des villes africaines. (Mahaman M., 2015 ; Nassa, 2005)

Pris comme objet d’étude, Le commerce des fripes au sein des marchés de Shopping Abrogoua à Abidjan et de Katamanto à Accra présente des points fédérateurs qui allient des dynamiques transfrontalières dans les activités marchandes d’entrepreneurs migrants.  (Hansen ,2000 ; Bredeloup ,2016 ; de Haas ,2006). Totalisant 185.000 tonnes de fripes en 2017, Ces deux marchés d’ampleur sous régionale entretiennent entre eux d’importantes circulations de marchandises de fripes qui alimentent à leur tour d’autres marchés sous régionaux.

Nos enquêtes1 de terrains à Accra et à Abidjan basés sur des entretiens semi directifs auprès d’acteurs de la chaine de commercialisation et de transports des fripes et l’analyse  de données statistiques en lien avec cette activité nous permettent de développer deux idées principales :   la première présente les marchés urbains comme points de départ des circulations marchandes transfrontalières et transnationales  et la seconde présente des entrepreneurs migrants comme principaux acteurs des circulations marchandes au sein de l’espace Ouest Africain .

Notre étude porte sur l’interaction entre circulation commerciale de marchandises et dynamiques migratoires avec comme entrée les marchés de fripes Katamanto (Accra) et d’Adjamé (Abidjan).  La particularité de ce travail est de montrer le rôle d’acteurs migrants Ouest africains dans la consolidation et l’essor des échanges frontaliers.

 

 


Mot-clé : " marchés de fripes", "échanges", "entrepreneurs migrants", "réseaux commerciaux", "transfrontalier", "urbain", circulations, Frontière, et migration
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L’exclusion ordinaire : une politique humanitaire à la frontière colombo-vénézuélienne ?

L’exclusion ordinaire : une politique humanitaire à la frontière colombo-vénézuélienne ?

Auteur(s) : GARLIN POLITIS Fernando ;

Depuis la crise migratoire des Vénézuéliens en 2016, plusieurs gouvernements d’Amérique Latine ont mis en place des mesures afin de « contrôler » et « gérer » les flux des personnes migrantes arrivant dans leurs pays. Des « visas humanitaires » ont été émis avec le but de « réguler » la situation des Vénézuéliens en Équateur, au Chili et au Pérou. Pourtant, le pays qui reçoit le plus grand nombre de migrants Vénézuéliens, la Colombie, n’a pas suivi cette démarche, en gardant une politique d’ouverture qui contraste avec ces mécanismes de triage. En effet, le gouvernement colombien a mis en place un programme de légalisation du statut de tous les migrants, permettant leur accès au marché de travail. Pourtant, le choix de « normalisation » du statut des Vénézuéliens en Colombie se heurte à la dynamique actuelle à la frontière. 

Tout autour des municipalités frontalières, des groupes armés et paramilitaires se livrent régulièrement à des pratiques telles que le trafic d’armes et de personnes, la contrebande d’essence, ainsi que le narcotrafic. Ces structures paramilitaires réglementent le transit des personnes et pratiquent des extorsions régulières que la population migrante comprend comme des impôts. Face à cette dynamique, la réponse de l’État en matière d’« inclusion » des migrants semble une stratégie pour maintenir une politique de l’« ordinaire » dans des situations de « crise ». Cette normalité se construit sur un récit de migrants ayant besoin de solidarité et d’aide humanitaire, mais sans les mesures sociales ou politiques qui auraient un impact sur un pays souffrant du plus grand déplacement interne au monde. De ce fait, les migrants à la frontière dépendent principalement des économies informelles, illégales ou humanitaires comme autant de formes ordinaires de survie. La mobilité offerte par une politique libérale d’intégration est donc entravée par la précarité de l’emploi et l’exploitation. Comme l’a observé Sandro Mezzadra (2017) à partir d’autres terrains, ces tensions et conflits ne sont pas seulement visibles aux frontières, mais aussi dans d’autres régions et avec d’autres populations en Colombie.

À partir d’une ethnographie réalisée à Bogotá, la capitale de la Colombie, et à Cúcuta et La Guajira, villes frontalières, je cherche à comprendre comment l’aide humanitaire s’articule avec une supposée politique d’inclusion dans des territoires frontaliers marqués par la violence, la discrimination et la précarité


Mot-clé : Colombie, exclusion, Frontière, migration, et Venezuela
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« ‘Moi ? Je suis là’. Art de la présence, espoir, incertitude et solidarité parmi les travailleurs migrants au Niger »

« ‘Moi ? Je suis là’. Art de la présence, espoir, incertitude et solidarité parmi les travailleurs migrants au Niger »

Auteur(s) : Iocchi Alessio ;

Historiquement les migrations de la sous-région ouest-africaine ont été caractérisées par des mouvements saisonniers des espaces ruraux vers les conglomérations urbaines plus florissantes. Jusqu’à ce jour, l’absence relatif d’activités de courtage et d’intermédiation dans l’espace CEDEAO a été compensé par des migrations souvent basées sur l’existence d’institutions culturelles, tel que les liens familiaux et de parenté, et linguistiques. L’apparition à une époque relativement récente de passeurs en milieu sahélo-saharien a coïncidé avec l’établissement de structures de contrôle et de gestion de la mobilité transsaharienne, et l’externalisation de la frontière de l’Union Européenne à travers des accords bilatéraux. Ces processus soulignent la transformation des réseaux sociaux proprement dits en réseaux commerciaux qui offrent des services de ‘facilitation’ de la mobilité. La présence de contraintes à la mobilité transfrontalière se heurte au principe de libre circulation affirmé par la CEDEAO et les pratiques de régionalisation par le bas mises en œuvre par les travailleurs et les voyageurs, qui ont développé des pratiques de commerce illicite et ‘parallèles’. Le travail informel est associé au statut de contrats éphémères, identités professionnelles changeantes, et aux formes de précarité et de sous-occupation. Cela engendre une certaine vulnérabilité mais laisse place à la formulation de stratégies d’adaptation et d’agencement par les travailleurs. Les pratiques économiques informelles sont tolérées dans le cadre de la mobilité régionale trans-sahélienne mais elles sont criminalisées dans le cas de la migration vers l’Europe. Cette duplicité d’égard provient d’une lecture normative des pratiques informelles et cela influence fortement les stratégies d’emploi et de vie de milliers de migrants ouest-africains qui traversent le Niger pour rejoindre les routes sahariennes qui mènent vers les ports libyens. Cette duplicité impose aux travailleurs un arrêt forcé dans un pays dont le marché du travail est saturé et dépourvu d’attractivité économique. Souvent ces travailleurs refoulés et démunis de liquidité retrouvent dans l’infrastructure constituée par les liens sociaux et culturels la voie de l’intégration dans le marché du travail nigérien. Cette forme d’emploi subalterne freine la formulation de stratégies à long terme mais nourrit l’aspiration au succès des travailleurs qui sont soutenus très souvent par le cercle familial et amical. Une aspiration qui se heurte à la militarisation de la migration à la frontière nigéro-libyenne et aux activités de refoulement, rapatriement et réinsertion gérées par les agences internationales (OIM, HCR). À partir d’une étude de terrain conduite à Niamey en 2018, cette contribution vise à discuter la nature politique de « l’infrastructure migratoire » et, plus spécifiquement, « l’infrastructure sociale » d’un cercle de jeunes ressortissant ouest-africaines (Mali, Togo, Nigeria, Burkina Faso) bloqués dans la capitale du Niger, Niamey, après l’introduction de la loi 36/2015 visant à lutter contre le trafic des personnes. En discutant la multiplicité des pratiques qui caractérisent le niveau matériel et immatériel de la mobilité en Afrique de l’Ouest, ce travail se concentre sur les pratiques de solidarité et d’agencement (tactique ou stratégique) produites par le groupe des travailleurs par rapport au (dis)fonctionnement des structures de gouvernance transfrontalière.


Mot-clé : migration, Niger, pratiques sociales, et repertoires de resistance
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Voir le panel Discours, pratiques et outils de la relation migrations/développement : circulations, innovations et résistances au Sud Global / Narratives, practices and tools of the migration-development nexus: circulations, innovations and resistances in the Global South

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